La communion douloureuse

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Reste-t-il une âme à la France ? Nos intelligences semblent parfois en douter, voir le nier. La France aurait vécu, elle serait morte. Qu’est-ce qu’être français ? Rien de plus que d’être américain ou allemand, mais simplement ailleurs. Au XXIème siècle les hommes sont interchangeables… Mais les évènements des ces dernières années l’ont montré autrement, l’Histoire nous a révélé qu’elle avait bien encore cours, et que nous y avions une place singulière, propre.

L’âme est le siège de nos facultés, la demeure de la vie intérieure. Nos passions authentiques, nos désirs les plus profonds, tout ce qui fait la beauté et l’unicité de nos personnes, y est porté, y prend vie. Nous pouvons être les témoins, privilégiés, de ce que porte un cœur, quand il le manifeste dans ses actes, ses réactions ou émotions les plus véritables. Une âme qui sait en vérité souffrir, aimer ou s’émerveiller est une âme vivante, blessée peut-être, ou même meurtrie, mais vivante. Et rien ne pourrait avoir plus de valeur.

Depuis 2015, une sorte de déferlement de souffrances nous a montré l’âme de la France. Dans ces moments, ceux qui la portent en eux ont été comme saisis d’une même émotion, qui dépassait d’ailleurs souvent ce qu’ils étaient capables de comprendre sur eux-mêmes. Ces moments ont été différents, certains très différents, mais par cela-même ils nous ont laissé entrevoir plusieurs facettes de ce que porte vraiment le cœur de notre pays, quelle est encore sa personnalité, la vraie, ni romancée ou déformée par l’orgueil, et quelles sont ses blessures, ses péchés, les vrais. “La France se meurt, la France est vivante !” l’on pourrait dire est le cri de ceux qui voient, plus loin que les apparences, le sens de ces évènements, de ces grandes communions nationales dans la douleur.

Ce bal de fléaux s’est comme ouvert avec des coups de kalashnikov en plein Paris dans une rédaction de journal, le 7 janvier 2015. En pleine réunion hedomadaire, la rédaction fut criblée de balles. Douze personnes reçurent la mort. La barbarie, cette réalité où l’on peut se faire poignarder pour un regard ou un mot mal reçus, fit son retour dans nos vies. La France hurla de douleur, et cria sa révolte.

Il y eu comme un étrange écho, et encore plus terrible, de cet attentat, quelques mois plus tard, le 13 novembre. L’on se promenait dans les rues de Paris en mitraillant sur qui passait. Une salle de concert a été prise d’assaut, des terrasses de café. Il y eu 131 décès et plus de 400 personnes blessées. Etrangement, c’était cette même France qui fut touchée encore : plutôt de gauche, libertine, plus ou moins en révolte contre les institutions religieuses, et fière de l’être… Mais tout le pays hurla sa douleur à nouveau. On nous tuait. On voulait tuer notre liberté. On n’allait pas laisser faire. Mais quelque chose est tout de même mort en nous ce soir-là, peut-être cette insouciance, ce sentiment d’invulnérabilité qui portait, au fond, ce microcosme né pendant les années 60, où révolte et fête n’étaient jamais loin l’un de l’autre… En effet, face au visage de la mort, qui est venu nous chercher d’un lointain pays jusque au cœur de notre capitale hyper-sécurisée, cette attitude existentielle manque de poids. Nos pieds dérapent. Il faut trouver quelque chose de plus solide… Mais quoi ?

La réponse sembla comme jaillir quelques mois plus tard. Dans une petite Eglise normande, deux hommes de 19 ans, abreuvés d’idéologie djihadiste, eux-aussi, prirent d’assaut la messe du mardi matin. Il y avait cinq personnes dans l’assistance. Le prêtre de 86 ans est chargé et frappé à l’autel. Il nomme le véritable auteur de l’attaque, “Satan va-t-en! Va-t-en Satan!” et est ensuite égorgé. Un fidèle, de 87 ans, a lui-aussi la gorge tranchée, mais survit. Les agresseurs furent ensuite abattus par les forces de l’ordre. A nouveau la France est ébranlée au plus profond d’elle-même. Ce vieux prêtre, c’était un père âgé que nous ne visitions plus, mais dont la seule existence, la présence même au loin, nous apportait un confort qui était en fait vital. Et on nous l’a enlevé. Cette confession que nous projetions de faire un jour peut-être – pas demain, mais peut-être un jour… – il n’est plus la pour la recevoir, pour nous dire “va en paix, tes péchés sont pardonnés.” Mais de ce drame se répand une onction. “Le châtiment qui donne la paix a pesé sur lui. Par ses blessures, nous sommes guéris.”

Là où la terrible lame était passée au travers de la fête, de la détente amicale, de la musique et de l’humour, et avait creusée une plaie béante en nous, cette fois elle avait déchiré la chaire et heurté quelque chose de solide, quelque chose que même lancée avec mille fois plus de force elle ne pourrait détruire. Ce prêtre a été égorgé à son autel. Lui qui avait donné sa vie par sa consécration la donna jusqu’au bout. La violence n’a fait que rendre son don absolu en un instant. “Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.” Et ensuite, c’est comme si le cœur du père Hamel avait été rendu si grand, qu’il pouvait maintenant tous nous toucher, tous nous porter un peu. “Qui fait ainsi demeure inébranlable.” Et tous les français l’ont senti, ne serait-ce qu’un peu, ne serait-ce qu’au fond d’eux-mêmes, ce murmure du père Hamel qui dit, “je t’aime, j’ai donné ma vie pour toi.”

Comme pour que nous comprenions tous le sens de ce drame, il eut lui aussi lieu à nouveau, et lui aussi de manière plus profonde. A peine deux ans plus tard, un homme, cette fois de 25 ans, ivre de djihadisme, prend d’assaut un supermarché et y tue plusieurs personnes. Il prend une femme en otage. Il communique ses exigences politiques. Il ne les obtiendra évidemment pas. Le chef des forces de l’ordre sur place, le colonel Beltrame, pour sauver la femme, se propose en otage à sa place. L’assaillant accepte. Il libère la femme. Il tue le colonel. “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” Et ce n’est plus une onction, mais une véritable gloire qui se répandit du drame. La France en fut comme inondée de lumière. “Nul ne prend ma vie, mais je la donne de moi-même.” La lame frappa non seulement, encore, le rocher indestructible, mais ouvra un puits de lumière. Arnaud Beltrame, priez pour nous. Peu d’actes dans l’histoire de notre pays ont fait autant jaillir la vie que celui-là. Ce sont les martyrs, les vrais, qui nous apprennent le sens de la vie.

La France a communié dans la douleur des coups islamistes, sans parler des attentats de Strasbourg et surtout de Nice, qui nous ont aussi meurtri au plus profonds de nous-mêmes. Que nous ont fait tout ces coups ? Il nous ont mis face à la mort, nous qui la fuyons plus que tout, portée par l’idéologie djihadiste, mais aussi face à la Vie, jaillissant du sacrifice de deux hommes, que la violence n’a pu que magnifier. Nous avons tous senti au fond de nous-mêmes les réalités existentielles les plus fortes, le néant et l’Amour, face auxquelles notre vie prendre position. Quand tout sera accompli, de quel côté serons-nous ? Aurons-nous bâtis notre existence sur le roc ? Du moins, maintenant nous savons tous, ou nous pressentons, si ce n’est-ce que légèrement, où il se trouve. “Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’Amour, et les fleuves ne le submergeront pas.”

La France a aussi communié douloureusement dans sa vie culturelle et politique. “Johnny est mort !” entendions-nous en décembre 2017. Plus d’un million de français vinrent de toute la France se recueillirent place de la Madeleine. Le groupe de rock du chanteur jouait ses morceaux, et son effigie était affichée sur l’Eglise. Paris était noire de monde. Une messe est célébrée. Le sermon est puissant. Comme l’individu lui-même, Jean-Philippe Smet, dans tout cela on trouve curieusement tout ce qu’il y a de plus français, mais aussi de moins… Le rock, les motos et les blousons en cuir, le prénom “Johnny” lui-même… S’il est vrai que depuis la libération de 1945, les américains ont plutôt bonne figure chez nous, pourtant l’URSS avait aussi vaincue les nazis, et aucun de nos artistes nationaux n’a pensé à prendre un nom aux racines slaves… Il y a quelque chose que nous avons profondément adopté de la culture américaine, et nous n’en avons pas toujours bonne conscience… Savons-nous au moins ce que c’est ? Serait-ce le culte de l’individu dans la superficialité facile ? Parfois, nous le craignons, mais sans y réfléchir trop longtemps… En tout cas, quoi qu’il en soit, nous l’avons pris chez nous, et depuis un moment.

Un an plus tard, en novembre, une autre marée, jaune cette fois, a remplie les rues de la France et de la capitale. Etonnamment, c’était la même France qui se mobilisait, ou du moins qui portait la mobilisation : plutôt rurale, ou au moins provinciale, de souche, de classe ouvrière et moyenne. Ce moment fut moins compris que les autres, car il porta une réelle menace à la puissance politique et économique. Il fallait l’étouffer, et on utilisa les médias. Mais la réalité a quand même suffisamment jaillie, pour que ceux qui ont soif de vérité aient pu la voir, au moins en partie.

On se révolta contre l’injustice économique, politique et fiscale, et contre la misère qui gagne, petit à petit, mais surement, les marges grandissantes de notre pays. Mais on se révolta surtout contre un système qui portait tout cela, dont on se rendit compte que l’on avait longuement bénéficié, quand il n’écrasait que les travailleurs chinois ou indiens, et détruisait leurs écosystèmes. Mais on avait maintenant vu son visage inhumain de près, et on allait pas se laisser faire, même s’il fallait manifester tous les samedis pendant des mois, des mois, et des mois… Ceux qui ont fait parti de ce mouvement en témoigneront, la révolte et la rage devinrent de l’espoir, une détermination de forger la voie vers un monde meilleur, ou en tout cas meilleur que le nôtre. L’immense majorité de la France a communié à ce mouvement, l’a soutenu, du moins avant que la désinformation face son effet sur ceux qui avaient trop à perdre d’un possible désordre.

“Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et là je lui parlerai cœur à cœur.” La France se réveille de ce qu’elle voit, de plus en plus clairement, a été un mauvais rêve. Elle commence à lever les yeux. “Nous avons eu un confort économique total et nous l’avons perdu. Nous n’en voulons plus. Maintenant nous nous battons pour la dignité.” Elle a pris chez elle l’idole du consumérisme américain, et en dégoutée. “Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et là je lui parlerai cœur à cœur.”

Mais il ne peut y avoir de véritable pardon sans sacrifice. Et là, c’est notre mère qui s’offrit pour nous. Le 15 avril , il y a à peine cinq mois, en fin d’après-midi, sans raison manifeste, la cathédrale Notre Dame prit feu. Les flammes firent par moments plus de dix mètres de haut. L’impensable se produisait, encore. Nous sentîmes d’une manière peut-être plus aigue encore la mortalité de notre peuple, sa fragilité existentielle. Quelque chose de terrible était en train de se produire. Le cœur de notre cœur se consumait dans les flammes. “Le châtiment qui donne la paix a pesé sur lui. Par ses blessures, nous sommes guéris.” Accepterons-nous cette grâce ?

La cathédrale tient toujours debout, ainsi que son maître-autel, sa croix et son tabernacle. Mais il faut la reconstruire. Les français ont montré, ils ont senti, qu’ils ont fait bien de trop de place ces dernières décennies à un mauvais vent qui soufflait de l’ouest, de l’autre côté de l’atlantique, d’une liberté qui, prise de vertige de ses immenses possibilités, s’engouffrait dans la matérialité et une superficialité stérilisante. Qui sont les grands hommes, écrivains et spirituels des soi-disantes Trente glorieuses ? Mais la France n’en est pas morte, tout juste. Elle n’a pas cédé, en fin de compte, aux sirènes qui souhaitaient l’endormir jusqu’à lui soutirer, enfin, ce qu’elle avait de plus précieux, son âme. Car nous avons vu, dans les épreuves que nous subissons depuis 2015, cette âme, en nous tous, souffrir, s’émerveiller et aimer. Notre cœur plus que millénaire est meurtri, mais il bat encore. Il y aura d’autres épreuves, beaucoup d’autres. C’est maintenant inévitable. Mais le père Hamel, le colonel Beltrame et notre église mère à tous, Notre Dame, nous ont montré la voie, celle qui ne trompe pas, celle qui ne peut pas tromper, celle de l’Amour qui se donne, celle enseignée par Jésus.

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Les Gilets jaunes contre la modernité liquide

Le sociologue Zygmunt Bauman a défini la « modernité liquide » comme le stade de la modernité où celle-ci dissout peu à peu et totalement les structures sociales censées durer et porter l’humanité à travers le temps. Nous y sommes. Traditions, valeurs, communautés locales, religieuses, familles… tout passe par le relativisation absolue, et arrive ensuite l’éclatement. Dès que cela devient franchement lourd à porter, ça peut passer par la fenêtre. On assiste même dans le monde anglo-saxon à la déconstruction de l’identité psychologique : je ne suis pas ce que je suis, je suis ce que je dis que je suis. L’on est homme, femme, ou même rien de tout cela, voir un être fictif ou un animal pour les plus créatifs et blessés. La France a eu une saine réaction de rejet face à ce dernier phénomène qui semble être un des stades ultimes de la modernité liquide, mais elle a plus que gobé tout le reste.

C’est contre ceci que les Gilets jaunes se révoltent. Ils opposent un « non ! » final à cette machine folle qui nous entraine personne ne sait trop où, mais en tout cas vers une destination qui ressemble de plus en plus à la catastrophe totale. Thatcher disait du système économique néo-libéral « there is no alternative. » Elle le disait d’ailleurs avec une telle force qu’on en a fait un acronyme, TINA. Nos élites nous disent de même sur la modernité liquide, c’est un progrès, c’est le sens de l’histoire, on ne peut pas faire autrement sans être obscurantiste… Les Gilets jaunes répondent « non ! »

Plus spécifiquement, ils s’attaquent à ce qui est le cœur de cet énorme complexe de dynamiques vicieuses : un système économique fou qui réduit jusqu’aux gouvernements  les plus puissants à l’obéissance servile. Aujourd’hui on gouverne plus pour le PIB et la croissance que pour le peuple. Bien sûr, le présupposé est censé être que l’intérêt de l’un est celui de l’autre. Mais les Gilets jaunes ainsi que les millions de travailleurs exploités du monde entier nous mettent devant l’énormité de ce mensonge. Le bien commun est le bien commun, et la croissance et le PIB sont tout à fait autres choses. Défaisons-nous le plus rapidement possible de ces mensonges qui nous empêchent d’avoir une vraie politique au service de l’homme.

J’appelle l’idéologie économiste qui envahit toutes les sphères de notre société aujourd’hui le consumérisme. Tout doit être pouvoir être acheté et vendu. Tout doit pouvoir être mis sur le marché et soumis à la spéculation. Rien ne doit être sacré. Et pour que ça marche, toute notre vie doit se conformer au modèle consumériste. Si on aime pas son boulot on en change, si on aime pas sa famille et ses enfants on en change autant que c’est possible. Dans les hôpitaux, l’impératif de soigner est subordonné à celui d’être rentable. Dans les écoles, on ne cherche plus à former des futurs être humains complets qui connaîtront l’histoire de leur pays et pourront apprécier les grands classiques, mais des futurs employés de multinationales capables faire des taches vides de sens sans poser de questions ou de problèmes. Notre vie entière doit être à la carte, quand on le veut et comme on le veut. Rien ne doit être sacré.

Bien sûr que la liberté est importante, et qu’il y a des grands choix à poser dans une vie. Mais ceux-ci doivent être précédés d’une intense période de réflexion, et quand ils sont pris, ils sont pris. A moins d’avoir fait une erreur lourde (par exemple sous la pression d’un parent qui ne respectait pas suffisamment notre liberté, ce qui n’est pas si rare…), on trace notre route. Et un certain nombre de choses sont plus ou moins fixes dans notre vie : nos traditions, notre famille, notre religion, nos convictions profondes. Bien sûr, ces choses doivent aussi évoluer. Tout ce qui convient à une époque ne conviendra pas à la prochaine. Et les erreurs sérieuses doivent être corrigées. Mais si tout change, l’essentiel est perdu : si à une certaine époque nous étions presque fixistes, aujourd’hui nous risquons de perdre ce qui fait de nous des êtres humains.

Car bien sûr, l’immense enjeu derrière ce combat est celui-là. Il est épique. Nous nous battons pour l’âme humaine. Si tout homme possède une dignité inaliénable, il peut vivre de telle manière à ce qu’il la bafoue complètement. L’homme peut se trahir. Et alors la vie devient terrible et vide de sens. C’est le règne de la violence, des forts sur les faibles, de la stupidité sur l’intelligence, de la vulgarité sur ce qui est élevé. « Tel est le destin des insensés et l’avenir de qui aime les entendre : troupeau parqué pour les enfers et que la mort mène paître. »

Les Gilets jaunes sont cette France qui sent que le système consumériste va les détruire corps et âmes. Il va les réduire à la misère, peu à peu. Mais il va aussi modifier insensiblement leur mode de vie jusqu’à le rendre complètement insupportable. Par une éducation publique radicalement apauvrie, par la publicité qui utilise les découvertes en psychologie pour pousser à consommer en masse de sodas et autres produits délétères pour la santé, par une programmation médiatique sans âme aux heures de grande audience, par la désertification des villages… Et il n’y a pas à dire si cela va arriver. Cela va arriver si ces personnes ne se révoltent pas. Comme leur homologues travailleurs pauvres américains, la majorité d’entre eux se retrouveront obèses, sans culture, dépressifs ou pas loin de l’être, dans ou proche de la misère, avec des familles éclatées et profondément blessées. Le « non ! » des Gilets jaunes est un cri de survie on ne peut plus noble et salutaire.

Qu’est-ce notre responsabilité, à nous tous qui avons encore une conscience éveillée ? Tout d’abord bannissons le TINA mortifère et mensonger de nos esprits. Le système économique n’a aucune légitimité à être tout puissant. Il doit être subordonné aux besoins de la société humaine, aux besoins des individus, des communes et des familles. Il doit d’ailleurs aussi être soumis aux besoins de l’environment : détruire des territoires pour obtenir les matières premières pour produire en masse des smartphones alors que tout le monde en à un est profondément immoral. Cela n’a aucun sens et est une dette criminelle sur les générations à venir, qui eux auront probablement véritablement besoin de ces matières premières.

Ensuite, soutenons les Gilets jaunes. Allons à leur rencontre. Ecoutons les. Refusons de participer aux décisions immorales dans nos métiers et sphères d’influences. Mettons une très grande pression sur nos dirigeants pour qu’ils fassent de même. Actuellement ils sont presque tous soumis au marché qui se souci autant de la morale que des dernières découvertes en physique quantique (et probablement moins d’ailleurs). Le peuple Français s’est levé prophétiquement alors que tout le monde avait perdu espoir. Le moment de reprendre notre avenir et souveraineté d’un système sans visage et sans intelligence est maintenant. Ne laissons pas cette occasion passer. Car il va nous détruire si nous le laissons faire, dans 10, 50 ou 100 ans. Mais cela arrivera. C’est soit lui, soit nous. L’humanité et le consumérisme ne peuvent pas co-exister, et contrairement à nous, lui n’a pas le moindre droit à la vie.

Nous ne sommes que des simples hobbits, mais comme Tolkien l’avait bien écrit, c’est ce qu’il y a de mieux pour détruire un anneau du pouvoir qui fascine et terrorise le monde entier. En route !

Comment lire les médias avec un œil critique

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En 2009, lors de ma première semaine en cursus de philosophie, un cours marqua mon esprit à jamais, la théorie de la connaissance. Aujourd’hui ma thèse porte en grande partie sur ce thème. Longtemps quasiment absente en France, cette discipline revient en force avec une chaire au Collège de France et des cours dans les meilleures facultés. Il s’agit d’étudier comment la connaissance est construite : comment cherchons-nous la vérité ? Cette question est cruciale quand il s’agit de notre relation aux médias. Nous subissons vagues sur vagues de désinformation dès que les enjeux sont élevés. Comment s’y retrouver si l’on souhaite rester informer ?

Il faut d’abord voir la gravité de la désinformation médiatique. Quatre sources sont fondamentales dans la construction du savoir : la perception, l’intelligence, la mémoire et le témoignage. Si une d’entre elles est défaillante, notre rationalité tout entière l’est aussi. Notre rapport au réel devient vicié. Cela est relativement complexe à faire pour les trois premières sources, mais pour la quatrième, cela est à la portée de tous : la mensonge et le désinformation.

La place fondamentale du témoignage dans la rationnalité est une trouvaille relativement récente de la théorie de la connaissance. Longtemps on a pensé que pour savoir quelque chose il fallait simplement une preuve matérielle et un raisonnement logique solide. Mais en fait, pour la grande majorité de ce que nous savons, ce schéma est une vue de l’esprit. En réalité nous faisons tous confiance sur parole à certaines autorités (scientifiques, experts, ainés, etc), et pour à peu près tous les sujets, de la vie courante aux recherches les plus poussées. Nous ne pouvons échapper à cela. En science même, les experts sont obligés de se faire confiance l’un à l’autre pour assurer leurs résultats. Sans témoignages fiables d’un expert à l’autre, pas de science. La connaissance humaine est ainsi fondametalement fondée sur la confiance en la parole de l’autre. (Pour les anglophones qui voudraient approfondir le sujet, un excellent article : https://stanford.io/2CniLYH .)

Et c’est pour ceci que la désinformation médiatique est particulièrement grave : il s’agit en fait d’une manipulation de masse. On abuse de la vulnérabilité des personnes et de leur désir naturel de connaissance pour fausser leur appréhension du monde. Car où pourrions nous aller ailleurs qu’aux médias pour savoir ce qui se passe en Syrie ou aux Etats-Unis ? Nous n’avons pas d’autres sources pour vérifier et comparer. Ces professionnels sont censés chercher l’information sur place et avec une rigueur d’expert…

Si une réforme urgente de notre système médiatique est donc nécessaire, entre-temps la questions se pose, comment s’informer sans se laisser berner ? Car bien evidemment, quand les médias désinforment cela est souvent parce qu’il y a des enjeux économiques et politiques importants à la clé. On chercher à pacifier et orienter l’opinion pour qu’au minimum elle ne s’oppose pas trop aux projets des puissants, et surtout si ceux-ci vont contre le bien commun – c’est à dire avant tout celui du peuple. Voici quelques règles d’hygiène de l’information qui me servent bien :

– Tout d’abord, travaillez votre culture. Celle-ci ne doit pas être obligatoirement ce qu’on nomme la générale, mais il faut que vous ayez une culture approfondie en au moins un domaine. En il vaut mieux que ce soit un peu plus profond que le rap ou la guitare folk. Cela ancrera votre intelligence dans une partie du réel, et vous apprendra à y reconnaitre la vérité. Si l’on n’a pas cela, on est comme une feuille prête à être emportée par le premier discours entrainant. Cependant, avoir une connaissance au moins basique de l’histoire de votre pays et avoir lu au moins quelques grands classiques est essentiel.

– Quand vous lisez un sujet important, si vous sentez des traces de désinformation prenez cela au sérieux. Quand quelqu’un nous ment on le sent souvent au moins un peu. Il faut utiliser ses instincts. Sans devenir paranoïaque, si l’article semble flou sur un point clé, s’il ne permet pas de se faire une idée claire de la situation tout en nous poussant à porter un jugement, si le langage est faussement objectif et utilise une présentation biaisée, méfiez-vous. Alors il faut :

  1. Chercher une autre source d’information de qualité. Comparer la traitement d’un sujet du Figaro, du Monde et de Libération permet souvent de se faire une idée claire où se trouve la vérité. Et cela est devenu très facile à faire grâce à internet. Il peut être utile d’ajouter que la vérité n’est pas le traitement qui se conforme le plus à vos préjugés, mais bien celui qui présente le plus de signes d’impartialité.
  2. Si les journaux française vous déçoivent, la presse étrangère peut être une excellente ressource. Profitez de vos langues étrangères ! La BBC notamment est souvent utile, même si elle a ses propres faiblesses sur certains sujets.
  3. Si la presse mainstream tout entière dans vos langues ne semble pas digne de confiance (ce qui arrive malheureusement), les sources alternatives peuvent contenir de véritables informations. Mais il faut se méfier de celles-ci aussi. D’un, leurs journalistes manquent souvent de rigeur. Rapporter l’information est un véritable métier et ne s’improvise vraiment pas pour la plupart des gens. De deux, beaucoup de ces sites cherchent souvent à manipuler l’information aussi, RT et Breitbart tombant dans cette catégorie. Ces sites sont donc aussi à lire aussi avec un regard particulièrement critique, mais ils peuvent être essentiels sur certains sujets.
  4. Le blog http://www.les-crises.fr de critique des médias est souvent une excellente ressource pour comprendre la qualité de certaines informations qui nous arrivent.
  5. Et finalement, si on ne trouve rien, et c’est très important : *Accepter que l’on ne sait pas.* Il ne faut absolument pas prétendre avoir un avis sur tout. C’est non seulement orgueuilleux mais c’est la meilleure façon de se retrouver à croire des bêtises. Ayez un avis quand vous pensez avoir une bonne information et un jugement solide sur une question. Sinon dites « je ne sais pas. » Si un certain nombre de journalistes d’opinion appliquaient cette règle, la France en irait beaucoup mieux.

Pour insister sur ce dernier point, si vous n’avez pas d’information de qualité, il ne faut pas essayer de jouer au plus malin avec les médias. D’une manière ou d’une autre, vous allez vous faire berner. Quand on essaye de déconstruire un mensonge pour trouver la vérité derrière, la plupart du temps on se plante. L’article ou le reportage en question sera en train de vous dire une histoire, avec des points vrais et d’autres faux, mais vous ne serez pas en mesure de savoir lesquels sont lesquels. Acceptez-le.

Les tactiques de désinformation peuvent être très diverses. Il est rare, mais pas si rare que cela, que les journaux publient ouvertement un mensonge. Généralement la présentation sera plutôt sévèrement biaisée. Des faits d’importance capitale seronts omis. Par exemple, en Irlande il y a quelques années une femme était malheureusement morte après s’être vue refuser un avortement, ce qui avait été largement retransmis à l’époque. Mais très rares étaient les articles qui rapportaient le témoignage précis de ses médecins sur la situation : elle était décédée d’une infection et un avortement n’y aurait rien changé. La demande avait été une tentative désespérée de la part de sa famille de pouvoir agir sur son état de santé. Mais cela aurait été totalement inefficace. J’ai même vu cette fausse information partagée sur le Facebook d’un professeur au Collège de France : « regardez comme l’avortement est nécessaire ! » Après avoir fait le travail de recherche qui m’a permis d’apprendre ce qui s’était véritablement passé, ce qui m’a plutôt frappé c’est que de tels cas de décès sont si rares que les militants pro-avortement irlandais n’avaient que trouvé celui-là à diffuser aux médias (car c’était bien eux la source première qui avaient donnée l’information à la presse pour faire avancer leur cause…).

Un mensonge médiatique crée aussi un sentiment de peur chez les gens. On entend un mensonge proclamé sur tous les toits, et l’on pense qu’on est le seul à penser la vérité. En fait, la situation est généralement presque l’opposée. Les personnes qui gobent presque tous les mensonges médiatiques ne sont pas si nombreuses que cela, même s’il y en a pas mal. En réalité nous sommes plutôt dans les 80% à se dire « Tout le monde croit cela ? Mais pourtant ça ne semble vraiment pas juste… » Arrêtez de vous inquiéter de cela ! Vous êtes en train de vous faire manipuler. Et si quand vous dites la vérité sur un sujet difficile on vous répond agressivement avec un mensonge médiatique, ne vous laissez pas intimider. Demandez à la personne de débattre avec vous, et si elle a vraiment tort, essayez de la libérer de cette emprise. Ce sera lui faire un bien immense.

J’espère que ces quelques éléments seront utiles. Pour moi ils l’ont vraiment été. Arrêtez de vous faire intimider, on vous ment et on vous manipule souvent. Arrêtez de donner ce pouvoir à ces gens. Mais ne tombez pas dans la paranoia non plus. Les théories conspirationistes sont vraiment on ne peut plus moches et une déformation grave de l’intelligence humaine. Dites simplement « Je ne sais pas. Le journal TV dit cela, mais je ne lui fais pas confiance, donc je n’ai pas d’avis sur la question. » Vous n’êtes pas obligés de penser que Poutine est un méchant, ou Bachar Al Assad, ou Donald Trump, etc. Vous le pouvez si cela vous semble vrai – et il y a des raisons de le penser même s’il faudrait sortir du registre contreproductif et pueril de la démonisation pour y réfléchir. Mais ne le pensez pas parce qu’on vous l’impose, ou parce que c’est ce que « tout le monde semble penser. » Cultivez votre esprit, soyez rigoureux, cherchez ce qui est bien, et honnêtement, tournez vous vers le Seigneur dans la prière et implorez : « Esprit de Vérité, ne me laisse pas tomber sous l’emprise du mensonge ! » Nous vivons dans une telle vallée d’ombres que sans une aide spéciale, même la personne la plus avertie peut trop facilement se faire avoir alors qu’elle pense être en totale maîtrise de la situation. Courage !

Dieu est un brasier

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Qui est Dieu ? Comment l’imaginer, le connaître ? Cela est impossible. Nous ne pouvons qu’utiliser des images et des concepts qui s’en rapprochent un tant soit peu, mais qui nous égareraient si on les prenait pour argent comptant. Il faut approcher le Seigneur de mille manières différentes pour apprendre à le connaître, pour que peu à peu notre cœur apprennent à sentir ce qu’il y a derrière les mots, les signes et les sons qui nous le révèlent. Dieu est un brasier.

Voila une belle porte d’entrée. Le Seigneur est un feu dévorant, dont la surface du soleil, le cœur des volcans et l’énergie de toutes les galaxies ne sont qu’un lointain et pâle reflet. Il est puissance insurpassable, d’une intensité telle que rien ne pourrait exister hors de lui s’il n’était pas aussi la douceur infinie. Dieu est amour.

Alors que le feu terrestre cherche à se propager en détruisant, le feu Divin, lui, brûle sans consumer. « Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Dieu est créateur, car il cherche à propager tout ce qu’il est, à le partager, à le faire rayonner de sa Gloire propre tout en laissant les creatures être ce qu’elles sont.  Il est feu qui réchauffe et brise qui rafraichit. Le saint rayonne de la Gloire divine en même temps que sa propre personnalité et individualité ne s’en retrouvent que plus affermies et épanouies.

Alors comment connaître Dieu ? Dès qu’il trouvera la moindre brèche, la moindre porte ne serait-ce qu’entre-ouverte, il entrera. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » La nature déteste le vide, ce qu’elle n’a qu’héritée de son géniteur. « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » Pour ceux qui ne le connaissent pas, il attend. Il est là, devant la porte, prêt à saisir l’occasion tant désirée de rejoindre sa Bien-Aimée. L’Amour est patient. Il attendrait mille années pour ne serait-ce que pour essayer de faire fructifier cette occasion. « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. »

Pour le Seigneur cette occasion qu’il aura de vous rencontrer va arriver comme immédiatement, même si elle sera dans trente ou quarante années. Mais aussi, chaque seconde de votre vie d’ici-là sera comme une durée infinie pour lui, chaque instant compté, chéri, où chacun de vos gestes seront aimés. Si seulement nous savions lui être ouvert tout le temps ! Quels miracles nous verrions dans notre époque ! Quelles merveilles il ferait en nous !

Pourquoi avons nous peur ? C’est un mystère. Nos premiers parents se sont détournés de lui et depuis nous avons peur, nous craignons qu’il prendra quelque chose de cher, qu’il exigera quelque chose de trop, et au fond, qu’il nous enlèvera le bonheur et la vie. Quels mensonges ! Nous nous tenons loin de l’oasis en nous jetant sur de magnifiques mirages qui ne sont en réalité qu’étendues de Sahara, et nous nous retrouvons la bouche pleine de sable. La fontaine de vie nous attend, nous appelle. Elle est prête à tout nous donner.

Regardez la création de l’univers ! Regardez avec quel magnifique soin sont fait les plantes, montages et étoiles, les moindres détails de vos mains… Il ne prendra pas moins soin de vous mais bien plus ! N’attendez plus, l’heure est trop grave ! Nous nous mourrons des mille poisons par lesquels l’humanité a essayé de se guérir elle-même. Tournons-nous maintenant vers la source de la joie, Celui qui réchauffe, guérit et conforte. Et si vous le connaissez déjà, qu’attendez-vous pour mettre en pratique les conseils des saints et du Christ ? Commencez, il n’y a pas une minute à perdre ! Nous verrons la gloire de Dieu rayonner sur les villes, les quartiers, les familles, et les enfants des hommes de notre temps. Laissons au XXème siècle la tentation du néant, et choisissons la vie.

Ma journée avec les Gilets jaunes

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Le samedi 1er décembre, après la messe canoniale, entre sexte et vêpres, je me rendis aux Champs Elysées et place de l’Etoile pour essayer de voir et comprendre la manifestation des Gilets jaunes, que les médias déformaient très clairement. Chapelet à la main, je priais pour ceux présent, les forces de l’ordre, les manifestants, les grands enjeux qui allaient se jouer ce jour là. En route, certaines stations de la ligne 9 sautaient à mon regard à la manière de signes, « Bonne Nouvelle », « Saint Augustin », « Saint Philippe du Roule »… Vous tous les saints du ciel, priez pour nous !

« N’ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. Jamais ils n’invoquent le Seigneur. »

Souvent dans la prière au chœur avec ma communauté ce verset me touche quand il passe mes lèvres, quand il s’élève vers le Très Haut par les voix consacrées de mes frères et sœurs. Cela semble tellement décrire ce que nous vivons… Non seulement nous avons fait passer des populations de l’autre bout du monde d’une vie agraire pauvre mais humaine, à l’écrasante misère de la modernité industrielle – pour que nous puissions porter des Nikes et avoir des téléphones à bas prix – mais ce même schéma revient de plus en plus dans notre propre pays. Dans toute la France il y a des personnes qui n’arrivent pas à finir les fins de mois, qui vont fouiller dans les poubelles des quartiers riches et chercher dans les détritus après les marchés si on n’a pas laissé quelques carottes ou pommes de terre qu’elles pourraient mettre dans leur soupe…

« N’ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. Jamais ils n’invoquent le Seigneur. »

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Arrivé sur place à 13h, je fis d’abord un tour des Champs Elysées. « Ave Maria gratia plena, Dominus tecum… » Je regardais les visages, les groupes et les bouts de foules en « méditant toutes ces choses en mon cœur ». Seigneur qu’il ne leur arrive rien de mal ! Seigneur que leur cri soit entendu ! Le tour fini, l’impression était celle que je garde encore aujourd’hui du mouvement : des personnes de tous horizons, tous bords politiques, en majorité provinciaux, surtout entre 35 et 65 ans et pacifiques. A ce moment la plupart des gens avaient l’air perdus. Y-a-t-il une manifestation ? Où est-elle ? Un groupe de quelques centaines de personnes organisa un cortège avec une banderole et aux cris de « Macron démission ! » Tous attendaient que cela commence que ça prenne forme. A 13h30 je filmais une video d’analyse en me rendant place de l’Etoile, que vous trouverez en bas de cet article.

La place de l’Etoile était une toute autre affaire. Mais de manière étonnante, contrairement à ce qui avait été le cas pour les Champs, on ne me fouilla pas pour y rentrer. Il y avait juste une ligne de CRS à passer et qui ne nous disaient rien. Pas d’interdiction, d’avertissement ou de conseils. De l’autre côté il y avait un ensemble hétérogène de Gilets jaunes, avec des groupes de casseurs lourdement équipés ici et là qu’on reconnaissaient à leurs casques, masques respiratoires en plastique dur, protections, organisation en groupes… Il y avait aussi quelques touristes éparpillés qui prenaient des photos. De l’autre côté de l’Arc on pouvait deviner un conflit entre les casseurs et les CRS dans une brume grise et les bruits de cris et explosions. La fumée des lacrymogènes remplissait l’air au dessus de nous. De temps en temps un bruit immense de grenade assourdissante faisait comme trembler tout l’espace. La majorité des personnes sur la place cherchaient clairement à manifester paisiblement.

Mais c’est là où je commençai à voir des choses choquantes… Je vis une colonne de CRS charger sur les manifestants autour et sous l’Arc de Triomphe, qui ne faisaient rien à personne. Ceux-ci s’écartèrent pour éviter le choc, et ensuite la colonne recula à sa place initiale aux abords de la place. Manœuvre d’intimidation. A ma gauche un CRS visait son fusil à cartouches lacrymogènes sur cette même foule pacifique, la plupart d’entre eux étant d’ailleurs de dos à ce moment là, et ceux-ci essayèrent de s’échapper des nuages qui se formaient à leurs pieds avant qu’ils ne viennent brûler leurs yeux et leurs voies respiratoires. Et ce manège continuait… A quoi jouait la police ? A ce moment-là je fis une petite vidéo d’analyse :

De plus en plus étrange… A ce moment je restais un peu à cet endroit en attendant quoi faire pour la suite. Je pris quelques photos en plus.

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Beaucoup de personnes avaient des masques comme ci-dessous. Au début je les pris pour des casseurs, mais me rendis rapidement compte que c’était des manifestants habitués, dans l’immense majorité pacifiques, mais qui connaissaient les tactiques de CRS. Cela évite de se faire bruler les yeux. En revanche, juste derrière moi il y avait un groupe qui avait un profil bien plus dur et un équipement bien plus menaçant, et qui se préparaient visiblement à la castagne. Et les CRS étaient juste à côté, ne réagissant pas et visiblement concentrés sur la foule du milieu en majorité pacifique…

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Dans l’ensemble, à ce moment là, l’atmosphère était tendue, mais pas à l’excès. Il y avait encore des personnes agées, des touristes, et même des familles qui gardaient un peu leur distance en observant. Ce clip en donne une petite idée :

« Ave Maria gratia plena, Dominus tecum… » Je restai sur place encore une bonne demi-heure, avant d’aller marcher dans le quartier. Je vis des choses sur-réelles, dont la plus surprenante fut une Porsche blanche de luxe sur son toit, en plein milieu d’une petite rue à côté d’un abri-bus pulvérisé.  Je n’ai pas pris de photos. Nos yeux ne sont pas faits pour voir le mal et les produits de la haine. Il ne faut les regarder qu’avec prudence, et encore, pas trop, au risque que nous devenions aveugle au Beau et à l’Amour.

Ce fut ensuite l’occasion joyeuse de retrouver un ami que je n’avais pas vu depuis un certain nombre d’années. Il avait rejoint quelques cousins et connaissances qui étaient montés de la Charente ce matin en voiture pour manifester. Ils étaient en jaune. Ils venaient de prendre leur repas et s’apprêtaient à retourner manifester. Le matin déjà ils avaient été là, au tout début, et me firent un témoignage des plus désolants. Ils décrivirent une foule provinciale et de tous horizons en majorité pacifique, comme je l’avais vue aux Champs avant d’aller à l’Etoile. Ils décrivirent les CRS qui prirent d’assaut cette même foule à coup de gaz lacrymogènes et de charges, les hommes, les femmes, les personnes âgées. En fait, ce qui m’avait surpris en allant place de l’Etoile semblait être la continuation d’une même stratégie : ne pas laisser une manifestation pacifique se former. Les conflits plus lourds que j’avais vus n’avaient pas encore commencés à ce moment-là – les casseurs ne sont pas du genre lève-tôt.

Cet ami est quelqu’un qui s’occupe des enfants maltraités, il est quelqu’un au cœur bon, venu manifester pacifiquement pour ses droits. Je le crois évidemment, et je crois aussi tout simplement mes yeux, et les nombreux témoignages vidéos viennent confirmer quelles étaient les directives que les CRS parisiens avaient reçus vis à vis de la foule pacifique :

Par exemple :

Et encore :

C’était lamentable et choquant, et nous n’avions encore rien vu. De retour près de la place de l’Etoile vers 15h30, nous retrouvâmes une véritable zone de guerre. La fumée noire des véhicules brulés remplissait l’air des avenues, ainsi que celle, grise, des gaz lacrymogènes. Une confusion absolue régnait. Les gilets jaunes étaient bien décidés à rester manifester place de l’Etoile, mais cette fois les CRS en empêchaient l’accès. Ils chargeaient maintenant tout le monde qui étaient simplement présents aux alentours de la place. Si on voulait manifester, c’est à dire simplement rester sur les lieux, il fallait éviter les tirs de gaz lacrymogènes, les charges et les canons à eau.

« Vous ne passerez pas. » Ce un très beau moment où le Gilets jaunes ne se laissèrent pas intimider et ne partirent pas, en risquant leur santé, voir leur vie tellement la violence était terrifiante. Evidemment, les casseurs profitèrent de cette situation de blocage pour tout détruire : j’ai vu plusieurs banques totalement défoncées, une grue en flammes (!), plusieurs voitures détruites, des façades saccagées… A ce moment là, il était clair que soit j’affirmais ma solidarité au mouvement, soit je rentrais chez moi. Je suis resté.

Vers 16h30, après un peu moins d’une heure dans cette situation folle et devant ce spectacle peu édifiant, je me mis en route pour la prière des vêpres de ma communauté. « Il ne dort ni ne sommeille le gardien d’Israël. » Mon ami a finalement réussi à passer jusqu’à l’Arc de Triomphe pour rejoindre la manifestation principale. Le soir même, lui demandant par sms si les gens de son groupe allaient bien, il m’écrivit : « Oui. Mais le décor plus loin était apocalyptique. » J’ai du mal à imagine ce qu’il a vu, car j’aurais très bien pu employer ce même adjectif pour décrire ce que nous avions vu ensemble…

« Ave Maria gratia plena Dominus tecum… »

En rentrant j’ai du sprinter pour éviter une charge de CRS qui venait d’une rue de côté. Je marchais jusqu’au métro, « Ave Maria gratia plena, Dominus tecum… ». Arrivé à la Paroisse Sainte Claire, je me mis en aube devant le Saint Sacrement exposé. « N’ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. Jamais ils n’invoquent le Seigneur. » Je demandai au Seigneur de purifier mon cœur, d’empêcher que la haine s’y installe, la colère, que je puisse m’abandonner à sa volonté mystérieuse qui traverse tous les évènements de l’histoire pour les emmener à la Parousie. Leur sens nous dépasse de tellement loin, mais « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » On ne peut que s’abandonner, prier, aimer, récupérer la force pour se battre et se battre, sans rendre le mal pour le mal, en tournant l’autre joue, mais ne jamais se laisser abattre, ne jamais reculer devant l’injustice. Plutôt mourrir que devenir complice de cela.

Le lendemain, après les laudes, je trouvai ce qu’il me fallait pour récupérer la paix : pardonner. Je pardonnai les CRS, ceux qui ont donné les ordres, le gouvernement, les médias qui ont participé à la désinformation, les casseurs… Je les pardonne tous, et je les aime. Ils sont pris dans le système dont j’ai été libéré par Jésus. « Je veux le libérer, le glorifier ; de longs jours, je veux le rassasier, et je ferai qu’il voie mon salut.  » Je veux qu’ils soient libre aussi ! Comme je le désire, comme Dieu les aime ! Ce système dans lequel ils essayent de se faire un abri, de construire leur vie, est la bouche de Satan. Ils y seront broyés s’ils y restent. « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux. »

Aujourd’hui, je suis bien décidé à dire ce que j’ai vu, à élever ma voix en défense de ce mouvement des Gilets jaunes que je soutiens maintenant complètement. Il est complexe et difficile à comprendre, mais il est dans le vrai et le juste. Peut-être que j’écrirai une prochaine entrée ici sur pourquoi c’est le cas. Mais pour l’instant, essayons de nous libérer de la désinformation qui cherche à saper nos forces vitales en nous embrouillant l’esprit, et tournons nous vers Marie : « Ave Maria, gratia plena Dominus tecum… ».

Voici une vidéo d’analyse que j’ai fait à chaud, vers 13h30 ce samedi là sur les Champs Elysées. Avec le recul et même avec ce que j’ai vu après, je pense qu’elle est toujours bonne. Je vous prie d’excuser mes légers bégaiements, et c’était aussi la toute première fois que je parlais ainsi devant une caméra, mais le fond de l’analyse en vaut la peine il me semble.

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Science et foi

Par rapport à une question qui travaille pas mal de personnes, j’ai un profil qui semble atypique. Je me prépare à devenir prêtre, et j’ai un master en philosophie de sciences qui se poursuit actuellement dans d’une thèse de doctorat. La question de la connaissance me passionne, et je veux aussi que ma vie soit tout entière vouée au brasier d’Amour qu’est le Dieu Tout Puissant. Le plus que j’avance, le plus que ces deux choses se rejoignent. Ma vie spirituelle éclaire et motive mon travail de recherche, et celui-ci ne devient un des lieux parmi tant d’autres où je me sens appeler à chercher, aimer et servir Dieu. Ma recherche est une œuvre d’amour, ce qui lui donne une exigence d’autant plus forte.

Quid de la soit-disante division entre science et foi ? J’ai craint la rencontrer à certains moments il y a longtemps, tenant ma foi comme une petite lampe toute tremblante devant moi, éclairant juste le prochain lieu où j’allais poser le pied, mais pas beaucoup plus loin… Mais je n’ai jamais trouvé ce monstre. J’ai parfois pensé qu’il était en train de m’attaquer, mais après un appel au ciel je compris vite à chaque fois qu’il s’agissait d’un autre, et bien réel celui-là. Rien est plus terrifiant que les terreurs engendrées par l’imagination.

Et l’évolution ? Certes le récit biblique ne raconte pas les choses comme Darwin. Tout est fait en sept jours, la femme sort du côté de l’homme, il y a un serpent qui parle… Mais justement, ce récit est allégorique. Il dit certes certaines vérités bien objectives : Dieu a crée le monde et l’homme, l’homme a rejeté le plan de Dieu pour ses propres idées et a donc ouvert la porte au mal et au malheur dans la création, et bien d’autres. On y arrive après une interprétation correcte de ce texte plusieurs fois millénaire. Mais dans la tradition théologique, le mode évolutif comme celui par lequel Dieu crée a toujours été pris comme une option sérieuse et légitime. Il n’a certes pas été le préféré des théologiens, mais « mes pensées ne sont pas vos pensées » et « devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. » Cette création exubérante, imprévisible, en des milliards d’étapes, qui prend son temps allègrement, qui vit des périodes de calme plat et d’autres de drames immenses, qui rayonne d’une beauté et d’une gloire qui surpasse le génie des plus grands artistes : tout cela porte l’empreinte du Dieu de la Bible, pour qui cherche un peu à le connaître.

Et le Big Bang ? Une jeune catholique inquiète me disait justement que ça semblait pouvoir permettre au gens de se passer de Dieu intellectuellement. Mais la vérité est précisément l’opposé ! Nous manquons de suite dans nos idées à notre époque… En effet, cette théorie sonne le glas du matérialisme. La matière a été crée. Elle a eu un commencement. Le temps et l’espace aussi. L’univers a un age et un moment zéro. Et nous savons tous qu’il n’y a pas d’effet sans cause : d’où est venu cette immense explosion, cette masse inimaginable d’énergie ? Rigoureusement, la cause se situe hors de l’espace, du temps et est d’une puissance inimaginablement grande, tellement grande que toute l’énergie des volcans, soleils, galaxies et trous noirs serait comme une poussière portée par le vent face à elle. De tout cela elle en est la cause. Je ne connais aucune autre entité dont l’homme ait jamais conçu qui corresponde à ce profil autre que Dieu. Il est la seule hypothèse dont nous disposons pour expliquer l’origine du Big Bang. Et le plus fort dans cela est que l’homme qui a formulé cette théorie en premier était prêtre en plus d’être physicien, l’abbé George Lemaître. Vous dites que Dieu ne fait pas de signes et n’a pas le sens de l’humour ?

Les hommes l’ont beaucoup moins. On a du attendre 2018 pour qu’une des lois de la nature qui décrit tout ceci soit renommé la loi Hubble-Lemaître. Un prêtre qui défendait que l’univers était apparu dans un grand flash était de trop pour le XXème siècle.

Le plus que j’avance dans la foi, le plus que des contradictions supposées avec la raison me semblent illusoires. Les arguments contre les miracles s’évaporent quand on regarde rigoureusement les investigations des professionnels sur ceux de Lourdes, entre tant d’autres. Ils s’évaporent encore plus quand on en est témoin. D’ailleurs, ils avaient déjà perdu quasiment toute leur force pour moi quand j’avais appris développé mes facultés d’analyse critique, et que j’ai pu en percevoir la faiblesse philosophique. Par ailleurs, dans mon domaine, la philosophie analytique, si la grande majorité des philosophes se disent athées (environ 80%), parmi les plus grands, les croyants sont en fait nombreux: Putnam, Kripke, Dummett, Anscombe, Geach, Plantinga, Audi… Ces noms ne vous disent probablement rien, mais ils s’agit des esprits parmi les plus affutés de ces soixante dernières années, quasiment dans une classe à part.

Et je ne pense pas que ce soit le hasard d’ailleurs. Le monde est beaucoup plus cohérent quand on y laisse une place à Dieu (certes quand on comprend bien ce qui s’entend par ce mot, mais cela un autre sujet. Enfin déjà, ce n’est un barbu sur un nuage si certains en doutaient… mais bien plutôt le fondement incréé et transcendant de tout être existant. L’Amour pur et Tout Puissant), et j’ai pu le constater dans ma propre vie d’étudiant de philosophie. Certes mes résultats étaient bons avant, mais après ma conversion en troisième année de licence, le sérieux et la rigueur de ma réflexion firent des pas en avant notables (et grâce aussi à des bons profs rencontrés en master bien sûr).

A ce moment-ci de la conversation il arrive souvent que l’on me dise assez spontanément, « et que fait-on du mal alors, Dieu est-il sourd à tout cela ?! » ou « et le religion ne cause pas toutes les guerres du monde ?! » Bon, on peut répondre en une phrase à la deuxième question : après un siècle où l’humanité a été ravagée comme jamais alors que la religion n’avait jamais autant reculé et n’avait jamais eu aussi peu d’influence politique, cet argument n’a non seulement plus l’ombre d’une crédibilité mais est ridicule. Certes, il existe toujours des fanatiques qui sont a combattre, mais ce ne sont pas eux qui tuent les hommes par millions et centaines de milliers. En revanche la première question, celle du mal, est bien plus intéressante, mais demanderait un article à part – que j’écrirai surement ! Mais en regardant Jésus cloué par ses poignets et pieds sur une croix de bois, on se doute qu’il a des choses plus que pertinentes à dire sur le sujet. 

Justement, on peut ainsi voir que la question de Dieu ne se situe pas au niveau d’un supposé conflit entre raison et foi. Cela est un leurre. Il est absolument rationnel de croire en Dieu, et même beaucoup plus que de ne pas y croire pour qui a eu l’occasion de cheminer un peu vers lui (ce qui malheureusement n’est pas donné à tout le monde aujourd’hui…). Le Dieu de l’Amour est aussi celui de la raison. La question de Dieu se situe dans le fond de notre cœur : sommes nous prêts à faire un engagement radical en faveur de l’Absolu, à tout parier sur le Beau, le Bien, le Vrai et l’Amour ? Si la réponse est oui, ou si même l’on désire simplement qu’elle le soit pour nous, alors « cherchez et vous trouverez. »

Voici la servante du Seigneur

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Qu’est-ce le mystère de l’Annonciation ? La sagesse inouïe qui se cache dans cet évènement à la fois humble et extraordinaire ? Certes, dans sa plénitude cela dépasse les mots. C’est pour cela qu’on parle de mystère. Pas comme une énigme qui aurait ou pas une clé, mais plutôt comme une réalité insondable, dont la profondeur épuise les possibilités du discours. Une personne par exemple est un mystère. Elle ne s’explique pas, mais elle peut se contempler. Nous pouvons apprendre à la connaître. Essayons de laisser l’ineffable sens de ce moment de l’histoire toucher nos cœurs et nos intelligences, pour y percevoir l’immensité de ce qui s’y est déroulé.

« Voici la servante du Seigneur. » La puissance qui se dégage de ces mots est inouïe. Pourquoi ? Car elle signale une créature, un être fini, qui a bâti sa vie sur l’infini, sur le Roc. « Je garde le Seigneur devant moi sans relâche, il est à ma droite je suis inébranlable. » Ainsi, la vie de Dieu est devenue comme la sienne. La volonté de Marie est toute puissante, son Amour est un brasier qui ne peut pas s’éteindre. « Dans ta lumière nous voyons la lumière. » Dans cet acte d’humilité ultime, l’on voit que la vie de Marie est devenue infiniment plus que ce qu’on aurait pu espérer.

L’humain est capax Dei, capable d’entrer en communion avec Dieu de par sa nature, et il peut ainsi devenir alter Christi, un fils du Très-Haut. « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Et qui n’a pas senti la douceur de Marie dans sa vie quand il l’a prié ? Qui n’a pas vu la puissance de son soutien ? Quelle merveille que cet humble acte d’humilité. « Qu’il me soit fait selon ta parole. »

Laissons la saveur de ces moments rapportés par Saint Luc, où toute l’Histoire a basculé, flotter dans nos cœurs quelques moments. Essayons d’en saisir le secret, pour pouvoir vivre à notre tour la transfiguration promise. « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. »